L’association

L’équipe

Le cœur de l’association est composé d’un bureau officiel de sept membres bénévoles qui ont conçu le projet associatif et ses axes principaux.

Au-delà de ce bureau, un conseil d’administration existe avec, pour vocation, la gouvernance quotidienne de l’association et des actions en lien avec le projet associatif.

Des adhérents viennent compléter les effectifs de l’association et participent à la dynamique sociale et solidaire du projet.

Membres du bureau

  • Jocelyne Lepage

    Présidente, St Germain La Chambotte

  • Patrick Stürtzer

    Vice-Président, St Germain La Chambotte

  • Béatrice Duvert

    Secrétaire, Aix les Bains

  • Chantal Didier

    Vice-Secrétaire, Albens, Entrelacs

  • Paul Mugnier

    Trésorier, St Germain La Chambotte

  • Damien Membre de l'association du Coteau de la Chambotte

    Damien Jourdain

    Membre actif

  • Olivier Taix, membre de l'association du Coteau de la Chambotte

    Olivier Taix

    Membre actif

  • Membres de l'association du Coteau de la Chambotte, réunion

    Ensemble !

Nos valeurs

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Nos valeurs *

Aquarelle du Coteau de la Chambotte
Valeurs de l'association Le Coteau de la Chambotte, en Savoie

Notre projet

Notre projet de terroir et d’intérêt général nécessite de définir une stratégie et  des actions en lien direct avec le territoire, les collectivités locales et les citoyens.

Membres de l'association du Coteau de la Chambotte, en Savoie
« Il était une fois un collectif de citoyens et citoyennes attachés à leur territoire,  qui rêvait de faire renaître un vignoble séculaire tombé en désuétude.
En 2021, ces passionnés créèrent l’association «Le Coteau de la Chambotte», pour donner vie à leur projet, œuvrant ainsi pour la planète et pour les générations futures. »
— Jocelyne Lepage, Présidente de l'asso

Genèse du Projet

par Jocelyne Lepage, Présidente de l’asso, Saint Germain la Chambotte

  • Avant propos. La boulangerie de Saint-Germain, cœur battant du village.

    Une grande bâtisse imposante, avec des dépendances et du terrain à usage agricole, construite en 1928 par la famille Monard, native du lieu-dit « le Verdet ». Le décor est posé.

    Le restaurant du Belvédère attirant les foules, les Monard flairent l’opportunité.

    En s’installant au chef-lieu, leur ambition secrète de devenir des acteurs économiques locaux à forte orientation touristique pourrait bien se concrétiser…

    Pari réussi ! Chaque membre de la famille trouve sa place : le boulanger, la cuisinière, la ménagère pour entretenir la pension de famille, les anciens pour assurer le « produire local, consommer local » avec leurs vaches, cochons et potager. Épatant de voir un tel concept se développer en 1930 !

    On y accueille des Lyonnais, des Chambériens, qui viennent se ressourcer au grand air.

    Il n’y a pas que cela qui les attire, il y a bien plus….

    Au cœur de la bâtisse, se trouve un majestueux four à bois. Le fournil est immense ; vient qui veut pour se réchauffer, échanger avec le boulanger, écouter la petite musique des miches qui sortent du four, se régaler des odeurs des Saint-Génix débordant de pralines fondues. L’occasion pour les vignerons du village de partager avec les « étrangers » leur Mondeuse* et leur blanc, voire de conclure quelques affaires. Bref, on y est comme chez soi et Dédé le boulanger sème le bonheur autour de lui.

    Plus bas, se trouve la fruitière, autre lieu de rencontre puisque les paysans y apportent le lait de leurs vaches. Mais c’est une autre ambiance.

    Qui peut nier dès lors, la vocation touristique de Saint Germain la Chambotte et l’esprit pionnier de ses habitants ?

    Chapitre 1. Le bonheur est dans le pré.

    En 1992, la famille Ekstets–Lepage rachète la bâtisse qui est à l’état d’abandon depuis le décès de Dédé, le dernier descendant de la famille Monard. Le couple et leurs quatre enfants arrivent de la Marne et cherchent une grande maison à la campagne. Ils ne sont pas boulangers.

    Le Maire, Georges Philippe, soucieux de relancer une activité commerciale au centre du village, les incite à rallumer le four et à faire du pain. Alors, les nouveaux propriétaires se lancent le défi de redonner vie au lieu. Michel Barnier, de passage à Saint-Germain, les encourage et leur apporte des conseils judicieux pour faciliter la réouverture.

    Le couple remet en route et la boulangerie et le café, ils se plaisent bien dans ce village. Ils n’ont pas eu pas le plaisir de rencontrer Dédé, mais chaque client qui passe la porte les aborde avec cette expression : « du temps de Dédé, ses pains, ses meringues, ses Saint - Génix... ». Et c’est ainsi que les néo-boulangers bénéficient de cette notoriété. Tout les incite à mener leur activité commerciale en prenant soin de rester dans les habitudes bien ancrées de leur prédécesseur.

    A savoir : les clients descendent seuls chercher les bouteilles de blanc à la cave puis s’attablent à la cuisine devant une assiette de rioutes *. Ils sortent de leur salopette une petite Mondeuse de leur cru. Et ça raconte, ça invite l’ami de passage à venir trinquer. Ensemble, ils parlent de l’ancien temps, du temps où ils vendangeaient sur le coteau, bref, ils se racontent leur vie, leurs souvenirs communs. C’est un spectacle émouvant. Si, par hasard, Fanfan est présent, on y va pour pousser la chansonnette. Ils sont heureux, et moi aussi ! D’une correction irréprochable, toujours.

    Le dimanche, les femmes s’arrêtent après la messe. J’adore les voir, vêtues de leurs beaux habits, arborant fièrement leur croix de Savoie en or sur la poitrine. A leur tour, elles viennent trinquer. Et, pour honorer la vaillance de ces mères de famille, vigneronnes et paysannes, c’est du Saint-Génix que je leur offre.

    Au fil des mois, j’ai tant appris sur leur vie, leurs chères vignes et leurs regrets du temps passé !

    Mes enfants grandissent avec les enfants nés au village, des liens se créent et perdurent. Un petit cinquième voit le jour au foyer, un garçon, Pierre-Alain. La boulangère est appréciée, elle recevra à l’occasion de cette naissance soixante-deux présents de la part de ses clients.

    Scène irréelle inoubliable : dans un brouhaha de voix d’hommes, mes enfants prennent leur petit-déjeuner, leur bol de lait au milieu des gobelets et des bouteilles de vin. Personne ne dérange personne. Ils échangent.

    Chapitre 2. Quand tout est trop beau, se méfier du petit caillou qui va faire dérailler la machine …

    Le 10 juillet 2003, le boulanger part avec une cliente, abandonnant famille et commerce, prenant soin de vider intégralement les comptes bancaires.

    Qu’à cela ne tienne! Il reste un outil de travail, une clientèle fidèle, un toit pour les enfants, une femme de 47 ans, mère de famille au moral d’acier, dotée d’une belle force physique, capable de mener seule sa barque. Elle a posé ses valises au village en 1992, bien décidée à rester avec ses enfants dans ce cadre idyllique. Eh bien, elle retrousse ses manches et compte bien poursuivre seule l’aventure.

    Elle adresse une lettre bien argumentée à qui de droit pour obtenir l’autorisation de « devenir boulangère », avançant deux arguments de poids : le maintien d’un commerce en milieu rural (et là, s’agit tout de même de la maison Monard à Saint- Germain la Chambotte, village incontestablement touristique et elle a cinq bouches à nourrir! Entre juillet et novembre, les habitants du village, conscients des difficultés, se montrent généreux et n’abandonnent pas leur boulangère. Elle trouve, déposés devant sa porte, des fruits, des légumes, des pommes de terre. Tant qu’elle s’exerce au four, elle choisit d’offrir son pain. La farine et le bois de chauffe ont été offerts par ses fournisseurs. Une cagnotte s’organise, elle va constituer son premier fonds de caisse.

    Quand les habitués viennent chercher leur miche directement au fournil, il y a toujours une bouteille de blanc et des gobelets qui traînent sur un coin de table. Tradition oblige. Repères.

    Ses enfants trouvent réconfort et affection auprès des uns et des autres; le petit Pierre-Alain, très touché par le départ soudain de son père, sera choyé par les «papys» du village.

    Et, le 1er novembre 2003, la boulangère nouvellement titrée ré-ouvre la boutique.

    Chapitre 3. Les habitudes ont repris aussi vite que le tiroir-caisse se remplit.

    Qu’auriez-vous fait à ma place ?

    Cet élan de générosité me donne des ailes. Ils m’ont tous portée, je dois réussir, je vais réussir. Il y aura du pain à Saint- Germain, pétri par une femme, certes, du pain, mais aussi des meringues et des Saint-Genix et de nouveau le coup de blanc ou de Mondeuse partagé dans la cuisine ou dans le fournil.

    Parole de femme, parole de mère, parole de battante.

    Une fois leur pain payé et posé en attente sur le fameux comptoir de ministre de l’illustre Dédé Monard, ils se tiennent de nouveau là, tous mes anciens, dans l’arrière-boutique.

    Je n’ai rien changé dans cette boulangerie. La vitrine est toujours celle d’origine, en bois, le comptoir et le rack à pain sont ceux de Dédé. Si lui alimentait son four au fuel, l’obligation était désormais de chauffer au bois. Sur le côté du four, j’utilise les parisiennes* pour faire lever les brioches. J’enrage comme lui a dû enrager car elles sont en hauteur. Je fais les mêmes gestes, avec les mêmes outils. J’ai les mêmes craintes : un four pas assez chaud, ou l’inverse, comment maîtriser un four sans technique? Je prends la température de la sole en jetant une feuille de papier, comme lui. J’enfourne à tâtons dans le noir, quand l’ampoule qui éclaire l’intérieur du four éclate, et qu’il faut faire vite. Comme lui. Tout cela, je le sais, les anciens me le racontent, entre deux gorgées de Mondeuse.

    Je baigne dans une atmosphère particulière, imprégnée du vécu des lieux, absorbée par l’histoire des villageois, préoccupée par l’avenir de mes enfants que je dois assumer à 100 %, choyée par les célibataires des environs, aux petits soins pour moi, contrainte à un rythme de travail effréné, et dans l’apprentissage quotidien du métier !

    Comme je remercie les boulangers amis auxquels je téléphonais à point d’heure pour leur demander conseil !

    J’ai eu cette chance inouïe que jamais une porte ne se ferme.

    J’ai pu élever décemment mes enfants, leur permettre de faire des études, les obligeant à des sacrifices, je le reconnais. Je suis fière d’eux, ils ont « mis la main à la pâte », les fins de semaine, sans rechigner à la tâche. Nous avons fait équipe, coude à coude, dotés les uns et les autres d’une grande force physique et morale.

    Mais où ai-je puisé ces forces et cette motivation ? Je vais vous le dire. Je n’ai pas eu le temps de me tourner vers un dieu. J’ai puisé auprès de ceux qui m’ont témoigné leur confiance, qui ont été de fidèles clients, qui ont cru en moi, qui ont respecté ma personne et ma famille. Ils m’ont donné en toute simplicité, j’ai pris comme une voleuse, (ai-je eu le temps de leur dire merci?) mais je savais qu’un jour, je rendrais.

    Alors, aujourd’hui, j’ai vraiment envie de les honorer, j’inverse les rôles. Leurs vignes, je leur redonnerai vie, leurs histoires, je compte les transmettre, afin que ces pages de vie ne tombent pas dans l’oubli.

    Après m’être attaquée à la boulangerie, je m’attaque à la réhabilitation du coteau, avec la même fougue, mais cette fois-ci, entourée d’une formidable équipe de passionnés : Béatrice, Caroline, Chantal, Juliette, Damien, Olivier, Patrick, Paul, Romain, Xavier, pour ensemble HONORER des hommes,

    TRANSMETTRE des valeurs, ANIMER un coteau emblématique.

    Un dernier mot.

    Puisque je suis dépositaire d’une partie de la mémoire collective, il est temps de la partager : place maintenant à mon association « Le Coteau de la Chambotte ».

    Bienvenue dans cette belle aventure humaine qui œuvre pour les générations à venir…!

    Merci Patrick de m’avoir discrètement soufflé à l’oreille ce magnifique titre : du pain à la vigne …

    - rioute: petit biscuit alpin aromatisé à l’anis apprécié trempé dans un verre de vin rouge…………………………….

    - parisienne : lieu de stockage fermé où la température est douce et régulière, endroit idéal pour faire lever les brioches ……………………….

    - mondeuse: cépage savoyard rustique qui donne un vin corsé au parfum subtil de violette………………..

Peinture à l'huile de l'artiste peintre Anton

Bienvenue dans cette belle aventure humaine qui oeuvre pour les générations à venir….!