Le Coteau
Histoire
L'histoire du coteau remonte à l'époque romaine, quand les accès à La Chambotte étaient des voies pavées. La présence de vignes sur le coteau est également ancienne, comme en témoigne une inscription du IIe ou IIIe siècle après J.-C. retrouvée à Aix-les-Bains, attestant de l'existence d'un vignoble autour du lac du Bourget durant la période gallo-romaine.
Le Coteau de la Chambotte a longtemps été le lieu de production viticole privilégié des moines de l’Abbaye de Hautecombe. Son terroir, constitué d'éboulis calcaires et marno-calcaires mélangés à des moraines glaciaires, s'avère propice à la culture de la vigne. Les coteaux bien exposés bénéficient d'un ensoleillement optimal pour la culture de la vigne.
Au fil des siècles, l’activité agricole des Hommes a façonné les paysages du coteau, avec la présence notamment de "sartos", petites maisons de vigne servant d'abris et de celliers.
Avant 1178, l’oeuvre des moines de Haute Combe a marqué un tournant dans son histoire viticole et agricole. Ils créent la grange monastique de Sallière (Challière) en bordure de lac du Bourget, où ils possèdent 6 hectares de vignoble, exploitent des vergers, des plantations de noyers, de châtaigniers et usent de leurs droits de pêche du lavaret.
A l’étage de leur grange monastique, se trouvent une chapelle, un grenier, plusieurs celliers, dont l’un est destiné à l’huile. A Sallière, l’huile de noix est aussi réputée que le bois des noyers, utilisé pour les charpentes de Haute Combe. Le commerce et les échanges des produits sont réalisés par bateau sur le lac du Bourget et le Rhône.
Vers 1700, les paysans du village de St Germain accèdent partiellement au foncier, après avoir été sous la surveillance des moines qui veillaient à ce que les vignerons ne laissent pas péricliter leurs vignes au profit de parcelles en herbe.
Les mulets, les vaches ou les bœufs tractent les chariots des hommes du village jusqu’aux parcelles du coteau via le chemin d’origine romaine dit “Chemin des vignes”.
Les sartos sont construits et utilisés pour la vinification, l’élevage, le stockage du vin et pour entreposer des outils.
Dans les décennies suivantes, les terres viticoles changent de mains lorsque les enfants partagent les biens parentaux, et changent de nom lorsqu’elles reviennent à une fille qui se marie. Les sartos ont alors plusieurs propriétaires, en général des familles originaires du village même, de Cessens et de La Biolle.
En 1748, la Sainte chapelle de Chambéry se réserve les vignes du Coteau de la Chambotte, dont les vins ont une meilleure cote que ceux de Saint Innocent (51 livres le tonneau contre 37) ou que ceux de Hautecombe.
Vers 1880-1890, le phylloxera contamine une grande partie du vignoble savoyard. Les vignerons ne replanteront que sur les parcelles les plus rentables et les plus faciles à cultiver.
Les 2 guerres mondiales ont accentué la diminution des surfaces des vignes cultivées en Savoie et sur le Coteau de la Chambotte.
Les pratiques d’antan se sont petit à petit perdues au profit de la mécanisation, d’un outillage et de moyens de locomotion plus pratiques. Les hommes furent moins nombreux à travailler la terre. Un certain savoir-faire s’est transmis mais le Coteau fut peu à peu délaissé et sa vocation viticole s’est amoindrie. Des parcelles et des sartos se furent vendues à des « étrangers ».
En 1973, 17.4 hectares de vignes situées en milieu de coteau sont classées en appellation « AOC » vins de Savoie pour tenter de préserver ce “paysage grandiose”, dixit les politiques locaux.
En 2020, seules quelques vaillantes familles perpétuent le travail de la vigne sur le Coteau de la Chambotte, par tradition, par passion, pour honorer le travail de leurs ancêtres, principalement sur le bas du Coteau, à Challière.
Pour combien de temps encore?
Les friches gagnent du terrain, les sartos s’écroulent, le risque d’incendie augmente au fil du temps en raison du réchauffement climatique. Ce précieux patrimoine se détériore.
Le “Chemin des vignes”, lieu de passage symbolique, souvent comparé au Mont Olympe, est de plus en plus fréquenté par des promeneurs et des vététistes.
Parions que la beauté du lac et du site n’en finissent pas de séduire certes mais oeuvrons ensemble pour le réveil de la terre et des pierres de ce coteau d’exception.
Chambotte Belle Epoque
Agissons ensemble !
Notre projet associatif et nos actions sont entreprises dans un objectif d’intérêt général à visée historique, culturelle, paysagère et pédagogique, tout en respectant les principes du développement durable et l’identité rurale et naturelle du coteau.
« Les hommes réveillent les pierres et les pierres révèlent les hommes dans leur fierté et dans leur confiance à se rebâtir un avenir. »
